Viprati POY 2005

mardi 10 juin 2008

Scaferlati











































"FABRICATION DES TABACS A FUMER OU SCAFERLATIS.

(Extrait du tome troisième de -Cours de chimie Générale -Harvard College Library)

Nous avons déjà parlé des manipulations que subissent les feuilles destinées à cette fabrication. Après avoir été triées, mouillées, écôtées, elles sont hachées au moyen de machines, dont les pièces principales sont :

Un couteau se mouvant dans des glissières verticales, et mis en mouvement au moyen d'une bielle par un axe coudé. L'arête de ce couteau est oblique à la direction de son mouvement, ce qui favorise beaucoup son aptitude à couper nettement ;

Deux systèmes de rouleaux horizontaux, l'un au-dessus de Vautre; ces rouleaux sont tous reliés par des roues dentées qui leur communiquent un mouvement identique ;

Deux toiles sans fin placées chacune sur l'un des systèmes de rouleaux; elles reçoivent dans leur intervalle les feuilles de tabac, les pressent et les conduisent sous le couteau ; leur intervalle à l'entrée du tabac est double de leur intervalle à sa sortie;

Un excentrique fixé à Taxe coudé, qui agit sur une roue de rochet adaptée à l'un des rouleaux ; pendant que le couteau remonte, il imprime à la roue de rochet un léger mouvement qui, par l'intermédiaire des rouleaux et des toiles, se communique au tabac, et le fait marcher en avant de 1 ou 2 millim., suivant la largeur de coupe adoptée; en descendant, le couteau sépare la tranche qui dépasse le plan où il se meut.

A chacune de ces machines est préposé un ouvrier chargé d'introduire le tabac entre les toiles. Une seule peut hacher 1,000 kil. par jour.

Du hachage, le tabac passe à l'atelier des fours à torréfaction, qui sont de longues tables horizontales formées par des tuyaux de cuivre juxtaposés, dans lesquels circule de la vapeur chauffée à 120°. On étale le tabac sur les tables, en le remuant sans cesse pendant vingt minutes. La torréfaction a pour but de dépouiller le tabac de son excès d'humidité, et de lui faire acquérir le frisé qu'une dessiccation à l'air libre ne lui donnerait pas.

A la manufacture de Strasbourg, les fours sont remplacés avec avantage par une vis d'Archimède horizontale, animée d'un mouvement lent de rotation, et dans laquelle on fait circuler dans un sens un courant d'air chaud; dans l'autre, du tabac qui est remué pendant sa route par des fourchettes de fer placées sur son chemin.

Le scaferlati torréfié est étendu sur des claies, dans un séchoir à air libre, où Ton entretient une température moyenne de 22°. Il y perd 4 ou 5 p. 100 d'eau. On en forme ensuite des masses de 8,000 kilogr., qui sont mises en paquets. Cette dernière opération est curieuse par la rapidité de son exécution. Un paqueteur exercé fait 2,000 paquets par jour. Voici le procédé suivi : il plie une feuille de papier autour d'un mandrin ou forme de façon à obtenir une enveloppe ouverte à un bout. Il introduit ensuite son mandrin ainsi habillé dans un moule en fer-blanc, dont les bords sont évasés, et le retire aussitôt : dans ce mouvement, l'enveloppe de papier abandonne le mandrin pour tapisser l'intérieur du moule. Le paqueteur la remplit alors de tabac pesé d'avance, foule celui-ci à l'aide du mandrin, et n'a plus qu'à retirer et fermer son paquet.

Outre le scaferlati ordinaire, appelé vulgairement caporal, la régie fabrique d'autres tabacs à fumer, nommés scaferlatis étrangers; ces derniers ne sont plus un mélange de feuilles de divers pays, comme le caporal, et sont composés exclusivement de l’une des cinq espèces suivantes ; Maryland » Virginie, Varinas (Levant), Latakié; du reste, leur fabrication peu importante est la même que celle du scaferlati ordinaire. "


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