Viprati POY 2005

samedi 24 février 2007

Les "gnons"...


Un coup de malchance, la pipe tombe et hop un « gnon ». Rage et désespoir, comment faire ?

Voici la méthode que j’utilise quand il n’y a pas de perte de matière sur la tête (rayures, éclats).

En l’occurrence, la bruyère est simplement comprimée et présente un petit creux. Il faut un peu de patience, beaucoup de précaution, de l’eau, un pinceau, un bec benzène ou une petite bougie.

Avec le pinceau, mettez une goutte d’eau très chaude sur le point impacté, et chauffez avec précaution pour vaporiser l’eau, les flammes ouvertes étant difficiles à gérer. On peut également utiliser un petit fer à souder électrique, que l’on approche de l’eau sans toucher le bois (il ne s’agit pas ici de faire de la pyrogravure). La vapeur d’eau produite va permettre aux fibres de se redresser et l’opération est répétée jusqu'à disparition du « gnon », qui en fonction de son importance, ne peut être que partielle, ne vous épargnant alors pas un polissage plus important. Pour parfaire le tout : polissage fin de la tête et cirage de finition.

Si vous avez une méthode perso ou des trucs et astuces concernant les rayures et autres malheurs, n’hésitez pas à commenter.

mardi 20 février 2007

LES TÊTES: curing

Erratum: Le curing est en effet plus un traitement des têtes qu'une finition en soi.

. La méthode à été brevetée par Alfred Dunhill en 1918. L’objectif est principalement d'éliminer toutes les impuretés de la bruyère. La méthode conventionnelle du curing était pour Dunhill trop longue et il a donc développé cette méthode de l'huile pour réduire la durée de traitement des bois. Il s'est aperçu que les pipes ainsi traitées étaient plus légères et avaient une très bonne tenue dans le temps, à une condition : il faut un séchage intensif et minutieux de la pipe. La première méthode consista à les laisser dans une atmosphère sèche et ventilée pendant 12 mois. Mais on perd à nouveau du temps et au premier fumage la pipe rejette de l'huile, ce qui abime la dernière patine. Dunhill développa donc un système de séchage où les têtes sont placées sur cônes chauffés à chaleur contrôlée, afin d'en extraire toute l'huile qui suintent. Elles sont régulièrement essuyées pour ne pas former une croûte. Les pipes issues de ce traitement sont décrites comme ayant un goût de noisette, un bois endurci et une résistance accrue à la chaleur (du confit de pipe en somme o)))) ). Que dire de plus ? Après tout, les Dunhill n'ont pas si mauvaise réputation que ça ;-)))

lundi 19 février 2007

LES TÊTES : LOOK DE STAR ... STAR DU LOOK

Une thématique récurrente dans les différents mails que j’ai reçus et dans les questions qui me sont posées, concerne les finitions des têtes de pipe.

Dans cet article, je vais essayer d’évoquer brièvement les différentes méthodes.

  1. Les teintures

Ce procédé se décline en deux pratiques courantes, la teinte s’obtenant soit avec deux couleurs différentes soit avec une seule couleur.

Afin d’aboutir à un beau contraste avec une couleur unique, la tête de pipe, après avoir été polie, est recouverte d’une première teinte puis séchée. La teinture s’imprègne davantage dans les fibres tendres du bois, qui sont plus absorbantes, que dans les fibres de structures, plus dures. On effectue alors un deuxième polissage fin, que l’on poursuit jusqu’à réapparition de la couleur naturelle des fibres de structures. Puis on applique une seconde teinture de la même couleur, qui va intensifier le ton des fibres tendres et redonner aux fibres de structures le ton primaire, créant ainsi l’effet de contraste.

La seconde méthode consiste donc à utiliser deux teintures de couleurs différentes. La première phase de traitement est identique jusqu’au polissage fin. Pour la deuxième couche, il est important d’utiliser une teinture de couleur plus claire sur la base d’un solvant différent de la première, afin que cette seconde couche ne dilue pas les pigments de la première, ce qui nuirait à la qualité du contraste.

En ce qui concerne le choix des teintures, il faut éviter toutes celles dont les solvants laissent des traces résiduelles dans le bois, ce qui ruinerait définitivement la pipe.

Malheureusement, toutes les teintures ne sont pas pérennes. Plus particulièrement les tons de rouge où l’on peut observer avec le temps une décoloration ou un mouchetage. Si vous êtes un novice dans ce domaine, je vous conseille de vous adresser à un pipier ou de rechercher sur internet des sites ou ateliers pour trouver quel produit utiliser. Pour ma part, je privilégie les teintures naturelles sur la base de solvants aqueux ou organiques.

Dans le domaine des teintures, il existe une troisième méthode très particulière dans sa mise en œuvre, le «golden contrast », Elle est devenue le signe distinctif de Tom Eltang qui l’a apprise chez Anne Julie Rasmussen. Petite parenthèse, « car elle le mérite bien ». Anne Julie est une des rares femmes dont les pipes ont atteint une renommée internationale. Elle fut très longtemps une des seules femmes dans le monde à évoluer dans ce cercle très fermé. Depuis, elle a été rejointe par Manduela Riger-Kousk et Nanna Ivarsson, deux autres grandes dames confectionnant des « danish Handmades » sous leurs noms. Après la mort de son époux, Poul Rassmussen, en 1966, qui avait succédé à Sixten Ivarsson chez Stanwell, mentor de la première génération des grands pipiers danois tels que Emil Chonowitsch, Sven Knudsen, Former Nielsen, elle a débuté sa carrière avec les conseils de Former.

Beaucoup de grands pipiers actuels ont travaillé avec elle.

Mais revenons-en au « Golden contrast » et à Tom Eltang, qui a donc repris cette méthode, également inspirée par Björn Bengston, et l’a perfectionnée durant la période où il travaillait pour Stanwell, où il réalisa une série du même nom.

Cette coloration se fait sur la base de deux composants chimiques pratiquement incolores : le premier étant légèrement jaune et le second légèrement vert, qui lorsqu’ils sont combinés virent au noir profond. L’utilisation de ces produits a posé quelques problèmes à Tom, qui s’est vu dans l’obligation d’acquérir une licence spécifique. En effet, n’étant plus produits, il s’est vu contraint à les produire lui-même en achetant les composants et les recettes de fabrication. Il prétend être à ce jour, probablement la seule personne dans le monde capable de réaliser ces oxydes.

Une fois appliquées sur la pipe, la bruyère devient toute noire. Le polissage, permettant l’obtention d’un contraste plus ou moins prononcé et harmonieux entre les fibres de structures et les fibres tendres, c’est un travail long et fastidieux, demandant une extrême précision. Eltang raconte lui-même que lorsqu’il travaillait pour Anne Julie, il lui arrivait de poncer une demi-journée au papier de verre, pour obtenir le contraste souhaité.

C’est un équilibre très fin à trouver entre les tons, laissant très peu de place à l’erreur. Pour finir, il applique une très fine couche de teinture jaune, qui donne encore plus d’éclat à la pipe.

  1. Le vernis et les cires

Contrairement à ce que l’on peut penser, beaucoup de pipes sont laquées. Il existe néanmoins dans ce processus de très grandes différences. Les produits bon marché sont souvent recouverts d’un vernis quelconque, généralement très brillant (cela économise le temps de ponçage fin), qui donne au bois un aspect très synthétique. Le pire étant les pipes recouvertes d’un film multicolore. Beaucoup de pipiers utilisent des vernis de patine entraînant une très faible saturation du bois, qui engendrent une densification de surface permettant d’obtenir lors du polissage fin une surface lisse brillante et homogène. Support idéal pour une finition à la cire. On utilise ici généralement de la cire de Carnauba d’origine végétale ayant la particularité d’être très dure. Elle est appliquée à l’aide d’un touret à polir, en plusieurs passages. La surface obtenue est lisse et brillante comme un miroir et sa dureté est la meilleure protection d’une pipe. Comme toute cire, elle n’est pas éternelle, mais on peut renouveler cette application à l’infini.

  1. Une méthode que j’ai déjà évoquée : « Oil Curing »

Elle consiste à faire bouillir sur une période relativement longue les têtes de pipes dans de l’huile végétales (olive ou lin). Durant ce procédé, des résines et autres substances indésirables se détachent du bois. De plus, l’huile rend la bruyère plus résistante. Après ce traitement, l’huile doit évidemment être éliminée du bois, ce qui est obtenue par une deuxième cuisson dans de l’eau bouillante ou par un séchage sur des cônes métalliques chauffants. Il est inutile de préciser qu’après de tels traitements, les têtes doivent sécher pendant plusieurs semaines. Lors des premiers fumages, les pipes ayant subi cette préparation ont un léger goût de l’huile utilisée, mais celui-ci disparaît rapidement et intégralement.

Comme je l’avais déjà précisé, cette méthode est principalement utilisée par les pipiers anglais.

Une variante consiste à remplacer l’huile par de l’alcool pur. Toutes les autres étapes restant alors identiques.

Force est de constater, qu’en comparant les pesées avant et après l’application de ce procédé, les pipes sont plus légères, ce qui permet de conclure que des substances ont effectivement été réduites lors de la cuisson.

L’utilisation de l’huile permet donc de toute évidence la neutralisation des tanins, des résines, et comme décrit dans mon article sur les « crossover », la neutralisation du goût.

dimanche 11 février 2007

Ecume de mer.




L’écume de mer est connue en Europe depuis le 17ème siècle. Il est vraisemblable que dans les pays d’origine de cette matière, c'est-à-dire la Turquie et plus précisément Eskisehir, elle est utilisée depuis le 17ème siècle. Le minéral écume de mer, appelé à l’origine « pierre de Lüle » (Luletas en turc) est une sépiolite, chimiquement un silicate de magnésium de la même famille que la magnésie, qui est un carbonate de magnésium. Les gisements utilisés pour la réalisation des pipes en écume se trouvent dans l’Anatolie du Nord. On trouve également de l’écume de mer au Tanganyika et en Italie, plus précisément dans les mines de Baldissero Canavese (Piémont). L’origine des pipes en écume est attribuée de façon anecdotique à Karl Kovates, un antiquaire de Budapest, bricoleur passionné et avant tout fumeur.

En 1173 déjà, à Eskisehir, on extrayait l’écume de mer d’un sédiment calcaire fossile, qui se trouve à une profondeur de 250 m à environs 250 kms des côtes. Dans l’Antiquité, la pierre était utilisée pour la réalisation d’ornements. C’est à partir du 17ème siècle, après que le tabac fut importé en Europe, que le minéralogiste W. Vondiest a début ses essais d’utilisation de ce minerai dans la réalisation de pipes. En 1723, le Comte Andrassy (Gyula ou Jules, homme politique hongrois, héros de l’Indépendance hongroise) lui demanda de réaliser une pipe à partir d’un bloc qui était entré par hasard en sa possession. C’est ainsi que deux pipes en écume de mer virent le jour. Il en conserva une pour son utilisation personnelle. Au bout d’un certain temps, il remarqua que la pipe s’assombrissait aux différents endroits où il avait l’habitude de la tenir. Il rapprocha ce phénomène au fait qu’il fumait fréquemment sa pipe avec les mains sales. Il uniformisa cette coloration sombre en enduisant sa pipe avec de la poix. A sa grande surprise, il constata que les fumages suivants apportaient un nouveau goût et une nouvelle fraîcheur. La pipe en écume de mer était née. Laissons là les légendes.

Lorsque la pipe en écume de mer arriva avec les guerres turques en Europe, elle gagna rapidement en renommée et en amateurs, à un tel point qu’elle fut baptisée « la déesse blanche ». Sans attendre, la matière brute tant convoitée fut importée en Europe, principalement en Autriche et en Hongrie, où dans les ateliers renommés se fabriquèrent des modèles non seulement réputés pour leur qualité de fumage, mais également pour la beauté de leur réalisation artistique. De nos jours, il est interdit d’exporter la matière brute de Turquie. Chaque pipe en écume doit être finalisée dans le pays. On utilise pour leur confection des blocs d’écume de mer, dont on élimine les impuretés sous l’eau courante. Après une période de séchage, elles sont taillées pour leur donner leur forme définitive, bien qu’ici il faudrait plutôt employer le terme « sculptées ». Lorsque la forme de la pipe est achevée, elle est poncée et polie. Le polissage se fait à l’aide d’une matière issue de la botanique : de la poudre obtenue à partir de la prêle. Puis elles sont plongées dans un bain de spermaceti (substance solide et nacrée présente dans la tête du cachalot, de son vivant, sous forme d’un liquide gras. (J’ose espérer que de nos jours cette procédure ne soit plus d’actualité en ce qui concerne la matière utilisée !).

Après un séchage, et un polissage de finition, la pipe en écume de mer et prête à être utilisée.

Si l’on tient la pipe à main nue pendant le fumage, la transpiration provoque des colorations irrégulières. C’est pourquoi les inconditionnels de la pipe en écume de mer ne touchent le fourneau qu’avec des gants ou ne tiennent leur pipe que par le tuyau.

Un produit dérivé de l’écume de mer est ce que l’on appelle « l’écume de mer pressée ». C’est une masse composée des déchets de blocs d’écume et d’autres substances, telles que le gypse et des colles, qui mélangés sont pressés sous forme de blocs et transformés en pipes. Il est très difficile de différencier une pipe issue d’un bloc d’écume de mer de celle issue de ce conglomérat. La seule différence réside dans le poids. Les pipes en vraie écume de mer sont plus légères que les autres et de bien meilleure qualité.

Il existe également des pipes faites en écume de mer provenant d’Afrique, mais qui, là encore, ne sont qualitativement en rien comparables à celles provenant de Turquie.

On trouve également des pipes en bruyère avec les inserts de fourneau en écume de mer. Elles sont moins chères et plus simples à manipuler.

Deux inconvénients majeurs de la pipe en écume de mer sont d’une part sa fragilité et d’autre part la quantité impressionnante de pipes de mauvaise qualité, faites à partir d’écume de mer reconstituée (voir ci-dessus). Ses principaux avantages :

  • elle ne nécessite aucun culottage ;
  • quelle que soit sa taille, elle est d’une extrême légèreté ;
  • elle présente une grande résistance à la chaleur. Il n’y a donc contrairement à une bruyère aucun risque de brûlage ou de perçage ;
  • l’écume de mer est totalement neutre en goût, ce qui supprime intégralement le risque de crossover et permet un fumage avec des tabacs très différents ;
  • De fins canaux dans l’écume de mer évacuent l’humidité du foyer vers l’extérieur, le résultat est une fumée fraîche avec des arômes intenses.

En ce qui concerne la teinte que peut prendre la pipe au fil du temps, celle-ci varie d’un ton crème à un noir profond en passant part un dégradé de brun-rouge. Elle est différente pour chaque pipe et est le fait du plus pur des hasards ; chaque pipe devenant ainsi un objet unique.

dimanche 4 février 2007

MA PREMIERE… BLIND DATE ?











Le sujet de cet article s’adressant tout particulièrement aux fumeurs de pipe débutants, c’est pourquoi je le classe sous le libellé « les basiques ».

Il aborde un point qui rappellera des souvenirs à chaque fumeur de pipe. En effet, il s’agit de l’achat de la « première ».

Devant la diversité de l’offre sur le marché tant au niveau de la forme, des marques, des prix, des matières utilisées, des systèmes, etc, etc… le choix est plus que cornélien, lorsqu’il s’agit de faire son premier achat.

Je vais essayer de faire une synthèse des différents points à aborder, afin de faciliter ce choix. C’est une compilation résultant de différents articles lus, d’expériences et d’erreurs mis en commun, lors de discussions avec des amis fumeurs de pipes.

  1. Le nerf de la guerre : le prix

Pour l’achat d’une pipe neuve, celui-ci peut s’inscrire dans une fourchette allant de 40 € à « no limit », quand je pense à une « Bo Nordh » affichée à 10 000 € ou à un Dunhill Namiki Goldfish à 7 000 €.

Si vous vous orientez vers le marché de l’occasion (pipe estate), sujet que je ne développerai pas dans cet article, la variation de prix est encore plus difficile à appréhender, car souvent fonction de l’offre et de la demande, ou comme sur e-bay, des velléités des enchérisseurs. Je ne dirai qu’une seule chose qui résume le fond de ma pensée dans ce domaine : tout ce qui brille n’est pas or !

Bien qu’avec un peu d’expérience et de recul, c’est là que j’ai trouvé quelques-unes de mes plus belles pipes.

Avant de franchir la porte d’un magasin, je vous conseille de vous fixer un prix limite et de vous y tenir, sinon vous risquez de sortir avec un objet du culte valant le double, et si vous n’avez pas fait le bon choix, vous le regretterez amèrement. Surtout que la plupart des commerçants sont prêts à vous réserver une pipe pendant quelques jours, ce qui vous permet de comparer en toute tranquillité.

J’ai moi-même déjà revendu à perte ce genre d’achat précipité, et dont certains resteront à jamais de jolis éléments de décoration de porte-pipe chez beaucoup de fumeurs.

  1. La forme

Nous entrons ici dans le domaine des goûts et des couleurs, où le seul conseil à donner au départ est : « choisissez celle que vous aimez le plus ».

On pourra juste souligner ici qu’en règle générale, une pipe droite est plus simple à fumer qu’une « full bent », c’est-à-dire très courbée et qu’un tuyau en acrylique est plus simple à appréhender qu’un tuyau en ébonite.

  1. Finition

La troisième question qu’on se pose concerne la finition du fourneau : sablé, lisse ou guilloché (rustiqué) ?

Là encore, il s’agit plus d’une question d’esthétique que de réelles qualités de fumage, car les différences sont infimes entre les trois types. Sachant que les finitions sablées ou rustiquées sont souvent un peu moins chères que les lisses, surtout si celles-ci présentent de très belles fibres dans le bois.

  1. Avec ou sans filtre ?

Que dire sur ce choix ? Il se pose certainement moins souvent en France qu’Outre-Rhin, où les pipes avec filtre 9 mm sont très prisées et donc plus répandues. J’aborderai la thématique des filtres dans un article à venir quant à leurs propriétés, avantages et inconvénients.

Je me contente ici de dire qu’une pipe sans filtre est plus simple d’entretien et vous évite d’avoir à acheter et transporter des filtres. Néanmoins, veillez à ce que le tenon du tuyau et la mortaise du fourneau soient bien ajustés, car s’il y a un espace entre tenon et mortaise, il fera office de chambre de condensation dans laquelle s’accumuleront des jus, qui feront glouglouter votre pipe !

Une pipe avec filtre peut être fumée avec un adaptateur (rarement parfait). Le filtre est souvent un bon moyen d’éviter pour les débutants, l’agressivité d’un tabac fort ; il permet une absorption efficace des jus, une fumée plus fraîche et permet d’éviter également la sensation de langue et de palais irrités provenant d’un fumage trop chaud. Le filtre doit être changé après chaque fumage et ne doit en aucun cas rester dans la pipe, car l’humidité qu’il a absorbée, perturberait son séchage et lui donnerait à force un goût désagréable.

  1. La lentille

Le choix de la lentille (partie de la pipe encore appelée «bouton » que l’on tient entre les lèvres ou entre les dents).

Les formes de cette partie existent en de multiples variantes : plus ou moins fine, épaisse ou large. On différencie deux systèmes : le plus répandu étant le « fishtail » (sortie droite en queue de poisson) avec un trou de forme lenticulaire rond, simple ou double, et la forme « lip bit » proposée par certaines marques, notamment Peterson, qui se résume en une orientation de la sortie du conduit vers le haut, évitant le contact direct de la fumée avec la langue. Si vous tenez votre pipe à la main, ce que je conseillerais à tout débutant, car cela permet d’apprécier constamment la température du fourneau, le confort du bouton prend une importance relative. Si en revanche, vous tenez votre pipe entre les dents, emmenez, au moment de l’achat, un morceau de film plastique vous permettant de protéger le tuyau des pipes que vous désireriez essayer en bouche (avec bien entendu l’autorisation du vendeur).

  1. Le fourneau ou foyer

Dans la plupart des pipes, celui-ci est légèrement conique, à savoir que si la base du cône est trop étroite, la pipe sera plus difficile à fumer. Si le foyer présente un diamètre trop faible, la pipe sera difficile à bourrer, donc à fumer. Un foyer doit être parfaitement lisse. Un bon indicateur pour moi, est de pouvoir toucher sans difficulté, le fond du fourneau avec l’index.

  1. L’entrée du conduit dans le foyer

Ce point revêt une importance particulière. L’entrée du conduit dans le foyer doit être bien centrée. L’idéal étant que sa base soit à niveau avec le fond du foyer. Si le point d’entrée est trop haut, il restera toujours un résidu de tabac non consumé et imbibé de jus au fond de votre pipe. Ceci augmente de façon importante le phénomène d’embourbage de la pipe. Si vous possédez une pipe présentant ces caractéristiques, vous pouvez y remédier de deux façons :

- utiliser des granulés d’écume de mer dans le fond de votre foyer ;

- ou alors rehausser le fond de votre foyer avec un mélange composé de poudre récupérée lors du déculottage ou alors de cendre fine grise résultant de la combustion totale du tabac et d’un peu de miel, que vous amalgamez pour obtenir une pâte homogène, que vous étalez au fond du foyer. En séchant, cette pâte durcira en rehaussant le foyer. Attention à ne pas boucher le trou d’entrée. Vous pouvez également utiliser de la pâte de pré-culottage en couches successives.

Si le trou d’entrée est positionné trop bas par rapport au fond du foyer, il y a de fortes chances que le conduit se bouche fréquemment, ce qui entraînera un mauvais tirage et une pipe qui s’éteindra constamment. Pour vérifier le positionnement du conduit, il vous suffit d’y introduire une chenillette ou d’utiliser une lampe de poche à l’entrée du tuyau.

A ce propos, cela permet d’évoquer un autre point important : plus il sera facile d’introduire une chenillette dans le tuyau jusqu’au foyer, plus vous aurez de chance d’avoir une pipe développant peu de condensation. Tous les points où la chenillette rencontre une résistance, ou a du mal à passer, sont propices au développement de condensation et préjugent d’un entretien plus difficile.

D’autre part, il est agréable de pouvoir durant le fumage faire un passage d’une chenillette dans le conduit, pour évacuer l’humidité.

  1. Point de jonction entre la tige et le tuyau.

Dans une pipe bien faite, celui-ci est fluide et très bien ajusté. Le tuyau ne doit être en aucun cas trop difficile à retirer. Partez du principe que si le tuyau est difficile à retirer sur une pipe froide, ceci sera pratiquement impossible après dilatation et augmentera fortement les risques de dommages lors de l’entretien. A l’inverse un tuyau d’entrée trop lâche restera lâche et contrairement à tout ce que l’on peut vous raconter, ne s’ajustera pas avec le temps et les fumages.

Dans les deux cas de figure, appliquez la règle du « pas touche ».

  1. Test de surface (mastic, pipe laquée)

Le mastic sert à corriger les défauts du bois. Il se repère en général par une rupture d’homogénéité soit au niveau de la couleur soit à celui de la structure du bois, peut avec le temps prendre une teinte différente de la pipe et créer des aspérités particulièrement visibles sur les pipes lisses. Il n’aura en revanche aucune influence sur les qualités de fumage. Vous avez plus de chance d’en trouver sur des pipes d’entrée de gamme.

L’achat d’une pipe laquée rend impossible la détection de ces points de masticage.

De plus, en fonction de la qualité des vernis utilisés, vous risquez d’avoir une pipe qui chauffe. Les vernis de mauvaise qualité ont tendance à se craqueler et à cloquer.

En général, ce sont des cache-misères. L’exception confirmant la règle !

  1. Pré-culottage ou non ?

Vaste débat ! Mettons d’abord fin à quelques mythes.

Une pipe culottée ne nécessite aucune prudence lors des premiers fumages : faux ! Le culottage est simplement facilité.

Le culottage d’une pipe non pré-culottée est très complexe : faux ! Il suffit d’être un peu plus prudent et d’éviter une surchauffe et des fumages incomplets du tabac.

Procédez par augmentation progressive des charges. Par exemple, dix fumages remplis au 1/3, puis dix fumages remplis au 2/3 et ensuite pleine charge.

Les pâtes de pré-culottage donnent un sale goût à la pipe : faux ! Les pâtes actuellement utilisées sont à 98 % neutres en goût et ne nuisent en rien à la bonne évolution de votre bouffarde.

N’oublions pas que l’important pour un bon culottage, est la qualité de finition du foyer, qui doit être le plus lisse possible. Il en va de même pour la surface du culot, qui se formera (voir article précédent sur les culots).

  1. Les pipes à système

Règle perso : tout objet métallique trouvé à l’intérieur de la pipe devra faire l’objet d’une extraction et d’un recyclage immédiat.

Un dernier point : oubliez toutes les bonnes recettes de grands-pères évoquant des mélanges magiques à base de substances diverses : (miel, cognac, whisky, alcool à brûler) dont il faudrait badigeonner l’intérieur du foyer durant le culottage. A proscrire à tout prix !

Pour finir, je me permets de vous donner la version abrégée des « 10 commandements du fumeur de pipe »:-)) tels que je les ai trouvés sur le site de la maison Zigarrenhaus Bennung :

Tu ne dois jamais fumer trop chaud

Tu ne dois jamais fumer dans le vent

Tu devras toujours avoir plusieurs pipes

Tu dois culotter ta pipe avec attention

Tu dois toujours fumer ta pipe jusqu’au bout

Tu ne dois pas faire de mauvaises économies lors de l’achat d’une pipe

Tu dois toujours prendre soin de ton tabac

Tu dois nettoyer ta pipe avec soin

Tu dois laissez respirer ta pipe

10° Tu dois protéger ta pipe de l’humidité.