
A dans une quinzaine...
Ce Blog a pour objectif de rassembler le plus d'informations sur le monde des fumeurs de pipes.

S'il y a un sujet polémique dans toute la littérature sur les pipes, c'est bien celui du culot. Généralement, on part du principe qu'il doit se former le plus rapidement et le plus régulièrement possible une couche carbonée.
Tous les fumeurs de pipe cependant ne partagent pas cette opinion.
Je ne vais pas revenir sur les différentes façons de culotter une pipe dans le but de former une couche censée protéger le bois de la braise.
De nos jours, beaucoup de fumeurs expérimentés, avec qui j'ai eu l'occasion de débattre de ce sujet, sont d'avis qu'il est important de maintenir le culot à une épaisseur ne dépassant pas le millimètre et présentant une surface la plus régulière possible.
En effet des aspérités ou des trous dans le culot sont le démarrage idéal d'un point de chauffe entraînant un risque de perçage de la tête.
Certains fumeurs vont même jusqu'à prétendre qu'il faille maintenir la pipe à un niveau minimaliste de culot.
Dans cet article, je vais tenter d'exposer le point de vue de Heiko Jahr, qui est un des adeptes de cette méthode.
Pour lui, le culot qui est souvent appelé « cake » par euphémisme, n'est que le résultat du processus d'encrassage, comme dans un four ou une cheminée. Si on laisse se développer cette couche à l'intérieur de la pipe, le fourneau perd la régularité de sa surface, ce qui influence négativement la combustion et accentue encore davantage le phénomène d'encrassage.
Si on compare la couche carbonée du culot au bois de la pipe, celle-ci s'avère nettement plus poreuse. Il en résulte une concentration de la condensation dans cette couche. On pourrait argumenter que c'est justement en cela que réside l'avantage, mais n'oublions pas que cela entraîne une augmentation, proportionnelle à l'épaisseur du culot, du temps de séchage de la pipe.
Le phénomène d'embourbage très souvent décrit ne provient pas du bois, mais précisément de l'épaisseur de la couche carbonée, qui de plus lie de façon importante les arômes et dédie de par ce fait une pipe à une variété de tabac donnée.
Pour moi la pipe a perdu ce que j'appellerai sa « fraîcheur » et peut rapidement développer des goûts peu agréables dûs à l'addition des effets de « crossover » dénaturant les qualités aromatiques primaires des tabacs.
L'argument majeur plaidant pour le culot est sa fonction d'isolant, de protection du bois et relève pour moi des « Contes et légendes pipologiques », car si c'était le cas, la pipe se consumerait lors des premières utilisations.
La phase de préparation consciencieuse d'une pipe neuve confère à la surface du bois une dureté naturelle. Il suffit de faire un parallèle avec le procédé d'induration par le feu des bois utilisés par nos ancêtres dans la fabrication des pointes de flèches et de lances. D'un point de vue purement physique, cette couche d'1 mm recommandée ne résiste de toutes façons que marginalement aux températures dégagées par la combustion du tabac.
Le fumeur, qui laisse par mégarde se développer un culot trop important, génère un effet isolant. La question qu'on peut alors se poser est : « Fume-t-il encore la pipe ? »
Au cours de ma carrière, j'ai vu et restauré des pipes, qui avaient un tel culot, qu'on ne pouvait plus introduire le petit doigt dans le fourneau. A ce niveau, le bois lui-même autour du charbon devient superflu et on pourrait remplacer la tête de bruyère par une boite de conserve, que cela aurait le même effet. Au niveau du goût cela n'a plus aucune incidence, si ce n'est d'augmenter le risque de fissures de la pipe.
Comment éviter alors le développement de la couche de carbone ?
C'est simple : lors de l'entretien quotidien des pipes fumées dans la journée, j'enlève avec précaution à l'aide d'un couteau à pipe les dépôts à l'intérieur du fourneau. Pour des fumeurs plus expérimentés, je conseillerais même de le faire au fur et à mesure du tassage de la braise.
As-tu déjà fait de mauvaises expériences avec cette méthode (perçages) ?
Non, jamais ! De plus j'ai une prédilection pour les pipes aux parois très fines. Si le culot avait réellement une telle importance, la plupart de mes pipes seraient inutilisables.
Une question qu'on me pose souvent concernent les pipes préculottées. Fondamentalement, je ne modifie jamais une pipe neuve à ce niveau. De toutes façons ces couches de protection ne survivent pas à plus d'une dizaine de fumage et lorsqu'elles sont de bonne qualité, elles participent de façon effective au durcissement de la surface du fourneau.
Je pratique cette méthode depuis environ 15 ans, c'est-à-dire depuis le moment où j'ai commencé à me passionner réellement pour tout ce qui attrait à la pipe et au tabac. Cela a été pour moi plus une approche plus intuitive que didactique.
Si on me demande, si je recommande cette méthode à un débutant : je dis oui sans hésitation. D'autant plus, que les débutants possédant un nombre limité de pipes et expérimentant avec des tabacs très différents échappent complètement au phénomène de « crossover » et restent très flexibles. Encore une fois, pour moi, cette couche de protection, formée par les dépôts résiduels de la combustion du tabac, appartient au domaine des mythes et légendes.
Une pipe en bruyère peut se passer de cette croûte sans aucun problème. La combustion du tabac n'en est que meilleure et « last but not least », ça a tout simplement meilleur goût.
Voilà, donc l'expérience de Heiko Jahr. Elle apparaîtra certainement très peu orthodoxe à beaucoup de fumeurs de pipe, néanmoins elle vaut l'espace d'une réflexion. L''argumentaire semble logique et défendable.
Mon but est, comme d'habitude, de vous faire partager des réflexions, que je trouve intéressantes et non d'imposer une vision monolithique .
Sur ce, bonne pipe.
Voici une procédure pour la réalisation d'un chiffon de polissage pour vos pipes (ou de deux) :
Il vous faut: deux chiffons doux, non pelucheux et résistants, au moins de 30 x 30 cm, de la cire de Carnauba, un four.
Mettre un des chiffons dans le four chaud et chauffer. Prudence, pas trop chaud ! Ce n'est pas une recette de dinde de Noël. Sortez-le et frottez immédiatement avec la cire, de sorte qu'elle adhère de manière égale sur toute la surface. Remettre dans le four, afin qu'en fondant la cire imprègne bien le chiffon. Répéter plusieurs fois le processus.
Pour la version "high-tech", vous pouvez maintenant coudre le deuxième chiffon sur le premier pour obtenir un chiffon de polissage à la "Stanwell".
Je frotte mes pipes après chaque fumage avec le chiffon traité et puis je les polis avec le non-traité.
Ce n'est certes pas aussi efficace qu'un traitement à la polisseuse, mais plus rapide et moins couteux et le résultat est impeccable, surtout si vous utilisez régulièrement le chiffon.
Il est nécessaire de répéter la procédure d'imprégnation après quelques temps, puisque la cire s'évapore logiquement tôt ou tard.

Dans mon article sur le crossover, j'ai exposé la technique de la chenillette alcool plus sel, bon!
En voilà une, explorons le sujet plus en profondeur.
Dans ce domaine j'ai exploré plusieurs pistes, chacune ayant ses attraits.
1° - Je me suis procuré un nettoyeur à ultrason, super en terme de résultat. Les tuyaux sont propres très rapidement, mais bonjour le polissage pour les ébonites et le cumberland. Pour l'acrylique nickel chrome. Voici un lien où vous trouverez un nettoyeur bon marché qui fait plus que l'affaire et même au-delà du nettoyage des pipes. http://www.tecmagex.com/2002/fr/shopping/tools/tmx/cleaners
/ultrasonic.htm
Pour récupérer les tuyaux en ébonite et autres matières à problème, le truc le plus rapide pour moi (et ça n'engage que moi qui suis un peu fainéant :) ) c'est l'utilisation de la pâte à polir pour ébonite mélangée à un peu de solution de nettoyage vendues par exemple par http://www.tabak-heinrich.de/start.html (Home Pfeifenzubehör Reiniger/Pflege Pfeifenpflege article n° 7799). De plus, la solution de nettoyage est pas mal pour l'entretien régulier du tuyau. L'alcool à 90° est moins cher, mais plus agressif. Le whisky ou la vodka c'est plus smart :)). ( Je suis en train d'essayer le Peterson luxury Blend ça le fait.) Mais revenons-en à nos moutons.
2° - Un truc, qui m'a été donné par un contact en Allemagne et qui marche bien, consiste à faire trempette (après le nettoyage phase 1 alcool plus sel) dans une solution 70/30 eau/alcool contenant une dose de nettoyant pour dentier style tabs Corega (on ne rigole pas), puis polissage idem à 1° - ce wihrpool ne nettoie pas que les dents de lait de troisième génération.
3° - Un autre truc (le plus marrant) consiste à frotter les tuyaux en ébonite avec la face interne d'une peau de banane puis de les polir avec un chiffon doux, essayez avant de vous marrez! Pour ceux qui ont fait leur service militaire, rappelez vous de l'effet sur les chaussures.
Dans tous les cas de figures, un bon traitement avec de la cire de carnauba redonnera un brillant et une couche de protection impeccable à vos tuyaux. Lien pour ceux qui désirent acheter un bon petit touret à polir:
(voir dans mes liens :Ahaline)Ces quelques lignes ne se veulent ni exclusives, ni uniques, ni exhaustives et je suis impatient de partager vos expériences
Bonne pipe
Alain

Ce logiciel est en anglais mais simple et intuitif d'utilisation. Il permet de créer des banques de données avec photos et commentaires sur vos pipes et les différents tabacs, que vous fumez ou dont vous avez lu un test sur le net. Vous pouvez le télécharger à l'adresse suivante:
http://www.fumeursdepipe.net/telecha/p2ki.exeAvec le procédé de l’«oil, curing» (traitement à l’huile) des têtes de pipes sont cuites un bon moment dans l'huile végétale, comme l'huile de lin ou d'olive. De cette manière des résines et d'autres matières indésirables du bois se dissolvent. En outre, le bois doit devenir plus résistant grâce à l'huile. Après ce processus, l'huile doit naturellement être éliminée par un procédé thermique. puis les têtes de pipe doivent encore être séchées prudemment plusieurs semaines, se qui est facilement compréhensible. Les pipes ainsi traitées conservent durant une brève période le goût de l’huile utilisée. Cette méthode est principalement utilisée au Royaume Unie.
C'est à partir de ce procédé, de la lecture d'articles sur la préparation des bruyères et de l'échange d'expériences avec des facteurs de pipes allemands, que j'ai fait mes premières tentatives sur des pipes Estates qui présentaient un goût exécrable. Notamment une Parker of London très sale et fumée avec du gris et de l'Amsterdamer ayant appartenu à mon oncle. Après une restauration complète, déculottage, traitement au sel etc.., elle conservait un goût salin, aigre et cramé. Je l'ai complètement décapée et fait retraiter (voir oïl curing, séchage..). S'en est suivi un polissage, plusieurs traitements externes à la cire de carnauba diluée puis pure, appliquée au touret à polir (feutrine puis coton). Bref beaucoup de travail, mais le résultat était là. Après un culottage avec du Dunhill « Early morning pipe », elle était formidable et l'est toujours. Bref, en affinant la méthode et en l'appliquant telle que décrite dans l'article précédent (nettement moins radicale), on arrive à de très bon résultats. Le plus important, c'est la minutie du déculottage et du culottage.
L'huile d'olive (j'insiste : un film) à la particularité de neutraliser le goût résiduels, le fait de culotter correctement la pipe après le processus produit le même effet qu'un traitement thermique après « oïl curing ». Voilà c'est une méthode parmi d'autres, sachant qu'il n'y a aucune vérité universelle.
Je l'applique sur toute mes Estates, la dernière en titre étant cette Winslow « Private Collection ».
Bonne pipes.
